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Fédération Nationale des Mandataires Judiciaires Indépendants

à la Protection des Majeurs

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La rémunération du MJPM

La rémunération du MJPM (MAJ Mars 2017)

3-pictosmetier

I. Le financement des mesures de protection

1-   La rémunération classique des MJPM : Les émoluments

Les émoluments des Mandataires Judiciaires à la Protection des Majeurs sont fixés par des textes réglementaires dont la liste exhaustive est la suivante 

o  le décret n°2008-1554 participation

o  l'arrêté du 03 août 2011 fixant les barèmes liés aux indicateurs et en fonction de l'assiette de ressources déterminée


Ces textes ont été modifiés et complétés par :

     le décret n°2011-710 du 21 juin 2011

     le décret n°2011-936 du 1er août 2011

     l'arrêté du 06 janvier 2012

     l'arrêté du 29 décembre 2014

     le décret du 12 novembre 2010

 

L'ensemble de ces textes est codifié dans le Code de l'action sociale et des familles et plus précisément aux articles L361-1, L472-3, R 472-5 et suivants, et R.472-8.

 

La loi dispose que le coût de prise en charge des mesures de protection, pour tous les acteurs tutélaires sans exception, doit être homogène et équitable, tant pour le Majeur protégé que pour l'opérateur tutélaire.

Il est précisé que le financement de la mesure est à la charge du Majeur protégé. De manière subsidiaire, l'Etat peut prendre en charge tout ou partie du financement de la mesure de protection.

La rémunération du M.J.P.M. est calculée à partir du Tarif de Référence (TR) soit depuis le 01/01/2014 = 142.95 €.

 

1er point : Le calcul du Tarif de référence appelé TR :

 

Le TR est modulé en fonction de 5 indicateurs :

  • 1er indicateur : La Nature de la mission - A

 


NATURE
des missions


CURATELLE
simple


TUTELLE


CURATELLE
renforcée


MANDAT SPÉCIAL
dans le cadre
de la sauvegarde
de justice


MESURE
d'accompagnement
judiciaire


SUBROGÉ
curateur


SUBROGÉ
tuteur


Taux


― 50 %


― 10 %


0 %


0 %


0 %


― 70 %


― 70 %

 


 

 

 


 

  • 2ème indicateur : Le type de protection – A’

 


NATURE DES MISSIONS


MISSION PORTANT SEULEMENT SUR LA PROTECTION
des biens ou la protection de la personne


Taux


― 10 %

Il est à noter que les mandats spéciaux types n'intégrent aucune protection de la personne. En fonction de la nécessité de la mesure, il peut apparaître nécessaire de solliciter une mission complémentaire auprès du Juge des Tutelles.

  • 3ème indicateur : Le lieu de vie - B

 


LIEU DE VIE
de la personne protégée


ÉTABLISSEMENT


ÉTABLISSEMENT
avec conservation du logement


DOMICILE


Taux


― 20 %


0 %


0 %

 

  • 4ème indicateur : La période d’exercice - C

 


PÉRIODE D'EXERCICE
des mesures de protection


LES TROIS MOIS
suivant l'ouverture
de la mesure de protection


LES TROIS MOIS
précédant la fin
de la mesure de protection


AUTRES PÉRIODES


Taux


+ 15 %


+ 15 %


0 %

 

 

  • 5ème indicateur : les ressources du majeur (Année N-2) - D

 


MONTANT
des ressources
de la personne


< ou = au SMIC



>
au SMIC
et <
ou =
à 1,4 fois
le SMIC



>
à 1,4 SMIC
et < ou =
à 1,5 fois
le SMIC



>
à 1,5 SMIC
et < ou =
à 1,7 fois
le SMIC



>
à 1,7 SMIC
et < ou =
à 2 fois
le SMIC

 

>
à 2 SMIC
et < ou =
à 2,2 fois
le SMIC


>
à 2,2 SMIC
et < ou =
à 2,5 fois
le SMIC


>
à 2,5 SMIC
et < ou =
à 3 fois
le SMIC

 

>
à 3 SMIC
et < ou =
à 4 fois
le SMIC

 

>
à 4 SMIC
et < ou =
à 5 fois
le SMIC


>
à 5 SMIC


Taux


0 %


+ 15 %


+ 20 %


+ 45 %


+ 75 %


+ 110 %


+ 140 %


+ 150 %


+ 175 %


+ 200 %


+ 210 %

 

Pour mieux comprendre le 5ème indicateur, voici les tranches précises :

Supérieur à

Inférieur ou égal à

Coeff

                  -   €

     16 780,40 €

100%

     16 780,40 €

     23 492,56 €

115%

     23 492,56 €

     25 170,60 €

120%

     25 170,60 €

     28 526,68 €

145%

     28 526,68 €

     33 560,80 €

175%

     33 560,80 €

     36 916,88 €

210%

     36 916,88 €

     41 951,00 €

240%

     41 951,00 €

     50 341,20 €

250%

     50 341,20 €

     67 121,60 €

275%

     67 121,60 €

     83 902,00 €

300%

     83 902,00 €

 

310%

Montant pour l’année 2014

Ainsi, le calcul de la rémunération allouée au mandataire, se calcule comme suit :

TR X (1+A) X (1+A’) X (1+B) X (1+C) X (1+D)



Exemple 1 :

M. Durand, majeur sous tutelle, protection des biens et de la personne, en établissement sans conservation du domicile, Période normale et Ressources annuelles (N-2) = 11.133.54 €

Méthode de calcul :   

     TR    X    (1-10%)        X        (1+0%)      X         (1-20%)      X         (1+0%)          X             (1+0%)

 

                    Tutelle              Biens et Pers.             Ets Seul            Période normale            Revenus annuels <au SMIC

         = 142.95 €    X   (1-0.1)   X   (1)    X   (1-0.2)   X   (1)   X    (1)     =    142.95   X   0.9  X  0.8     = 102.92 €

Attention : Le résultat obtenu correspond bien à la rémunération allouée au mandataire mensuellement.

 

Exemple 2 :

M. Dupond, majeur sous curatelle renforcée, protection des biens et de la personne, à domicile, période normale et ressources annuelles (N-2) = 70 781.64 €

Méthode de calcul :  

     TR    X    (1+0%)        X        (1+0%)      X         (1+0%)      X         (1+0%)          X                (1+200%)

 

        Curatelle Renforcée       Biens et Pers.        Domicile        Période normale            Revenus annuels compris                ------------------------------------------------------------------------------------------------------------entre 67 121.60 € et 83 902 €

         = 142.95 €    X   (1)   X   (1)    X   (1)   X   (1)   X    (1+2)     =    142.95   X   3    =   428.85 €

 

 

 

2ème point : Calcul de la ventilation Majeur/Financeur quand le majeur ne peut prendre en charge le cout total de sa mesure ?

Suivant ses ressources, il est possible que le majeur ne puisse pas payer l’intégralité du montant dû à son mandataire. Dans ce cas, l’Etat peut prendre en charge tout ou partie de ce financement.

Pour calculer cette ventilation, c'est-à-dire calculer la part supportée par le majeur et  la part supportée par le financeur ou la part totale supportée par le financeur, il faut procéder comme suit :

5 Tranches de revenus de référence sont établies  pour l’année 2014 (Ref. Smic au 1er janvier 2012) :

Tranche de 0 € à 8923.44 € (=AAH Annuel)  qu’on nommera T1 ;

Tranche de 8923.44 € à 16 780.40 € (=SMIC annuel brut) qu’on nommera T2  ;

Tranche de 16 780.40 € à 41 951.00 € (=2.5 X SMIC annuel brut) qu’on nommera T3 ;

Tranche de 41 951 € à 100 682.40 € (=6 X SMIC annuel brut ) qu’on nommera T4 ;

Supérieur à 100 682.40 €  qu’on nommera T5.

Pour le calcul, un pourcentage est appliqué à chaque tranche qui va nous servir à calculer le montant du prélèvement  sur le compte du majeur :

T1 : 0%

T 2 : 7%

T 3 : 15%

T 4 : 2%

T 5 : 0%


Exemple 1 :

M. Durand – Ressources 11.133.54 € - Cout total de sa mesure = 102.92 € / Mois

Voici le calcul :

Tranche 1 :   8923.44 €           X    0% =    0 €

Tranche 2 :   2210.10 € (*)      X    7% =   154.70 €                           (*) : 2210.10 € = 11.133.54 €  -  8923.44 €    (T2)

                      ---------------                           -----------

                    = 11.133.54 €                      = 154.70 €

Résultat : 154.70 € /12 = 12.89 € = participation mensuelle du majeur.

Bilan de notre exemple :

-         Montant total mensuel alloué au MJPM = 102.92 €

-         Participation du majeur : 12.89 €/Mois

-         Participation du financeur : 102.92 – 12.89  = 90.03 €/Mois

Exemple 2 :

M.Dupont – Ressources 70 781.64 € - Cout total de sa mesure = 428.85 € / Mois

Voici le calcul :

Tranche 1 :   8923.44 €               X 0%    =  0 €

Tranche 2 :   7 856.96  € (*)        X 7%    =  549.98 €                           (*) : 7856.96 € = 16780.40 € – 8923.44 €   (T2)           

Tranche 3 :   25 170.60 € (*)      X 15%  =  3 775.59 €                        (*) :25 170.60 € = 41 951 € - 16 780.40 €  (T3)

Tranche 4 :   28 830.64 €  (*)     X 2%    =  576.61 €                            (*) : 28 830.64 € = 70 781.64 – 41 951 €    (T4)

                      ---------------                        -------------

                    = 70 781.64 €                         =  4 902.18 €

Résultat : 4902.18 € /12 = 408.52 € = participation mensuelle du majeur.

Bilan de notre exemple :

-         Montant total mensuel alloué au MJPM = 428.85 €

-         Participation du majeur : 408.52€/Mois

-         Participation du financeur : 428.85 – 408.52  = 20.33 €/Mois


Simulation : La DGCS met des abaques à disposition afin de pouvoir évaluer le coût des mesures de protection, sous réserve de la bonne définition de l'assiette de calcul.

 


Aménagement : Les ressources du Majeur protégé retenues pour le calcul de la rémunération du Mandataire sont celles de l'année N-2 ; il se peut donc que la situation financière du Majeur ait considérablement évolué entre l'année N-2 et l'année N. Si tel est le cas, la loi et plus précisément l'article R. 471-5-1-III du CASF prévoit l'ajustement à la hausse comme à la baisse de la participation du Majeur en fonction des évolutions.

- Ainsi, à titre d'exemple, si le Majeur est dans une situation de surendettement avant le prononcé de la mesure de protection et que sa situation financière de l'année N ne lui permet pas de rémunérer le MJPM alors que ses ressources N-2 supposeraient sa participation financière, le Mandataire a la faculté de demander une prise en charge exceptionnelle des frais à l'Etat. Un modèle de courrier type est proposé sur le site de la FNMJI et accessible en cliquant ici.

- La situation financière du Majeur peut également évoluer positivement en deux années et sa participation à la mesure peut donc en être impactée comme en atteste une FAQ de notre Gestionnaire de patrimoine, accessible en cliquant ici.

 

Précisions : La rémunération du MJPM est de droit et ne peut être modifiée par qui que ce soit : ni par le MJPM conformément à son obligation du respect des textes, ni par le Majeur protégé et sa famille, ni même par le Juge des Tutelles comme l'a rappelé la Cour d'Appel de Paris dans un arrêt du 04/04/2013. Enfin, il apparait essentiel de rappeler qu'aucune compensation ne peut être acceptée par le MJPM.

 

Actualités 2015 : Ces derniers mois, d'importants retards de paiements provenant de certains organismes financeurs ont été relevés par les MJPM alors mis en difficultés.

Le gouvernement a été saisi de la question de nombreuses fois ; question qui reste d'actualité.

- La question des difficultés de rémunération des MJPM au Sénat 

- La question des difficultés de rémunération des MJPM à l'Assemblée nationale. 


Actualités 2016Le Décret n°2015-1864 du 30 décembre 2015 relatif au financement des mandataires judiciaires à la protection des majeurs a été publié au Journal Officiel du 31 décembre 2015. Le décret tire les conséquences du transfert des financements des organismes de sécurité sociale relatifs au financement du dispositif de protection juridique des majeurs, prévu par la loi de finances pour 2016. Le décret a donc pour objet de réformer le dispositif de financement de la protection juridique des majeurs.

Extrait du décret n°2015-1864 : "4o Au II de l’article R. 472-8, les mots: «chaque financeur concerné conformément aux dispositions des 1o, 2o et 3o du I de l’article L. 361-1,» sont remplacés par les mots: «l’Etat» ".

Le décret est entré en vigueur le 1er janvier 2016.

Actualités 2017 : Le 11 janvier 2017, la Cour de cassation a relevé que si la rémunération des mandataires judiciaires à la protection des majeurs est déterminée de manière forfaitaire et calculée sur la base d’un barème fixé par arrêté, l’absence de toute diligence fait obstacle à cette rémunération.

En d’autres termes, la rémunération étant la contrepartie d’une mission effectuée ; en l’absence d’accomplissement de cette mission, aucune contrepartie ne peut être envisagée. Aucune rémunération n’est donc due.

L'arrêt de la cour de cassation fait l'objet d'un commentaire sur notre site accessible en cliquant ici.

 

2-   La rémunération exceptionnelle des MJPM : les indemnités exceptionnelles

 

L'article 419 du Code civil prévoit le versement, à titre exceptionnel, d'une indemnité au MJPM en charge d'une mesure de protection. En effet, l'article dispose qu'à titre exceptionnel, le juge ou le conseil de famille s'il a été constitué peut, après avoir recueilli l'avis du procureur de la République, allouer au mandataire judiciaire à la protection des majeurs, pour l'accomplissement d'un acte ou d'une série d'actes requis par la mesure de protection et impliquant des diligences particulièrement longues ou complexes, une indemnité en complément des sommes perçues au titre des deux alinéas précédents lorsqu'elles s'avèrent manifestement insuffisantes. Cette indemnité est à la charge de la personne protégée".

Cette indemnité est conditionnée à la réalisation, par le Mandataire, d'actes nécessaires pour le Majeur protégé et incombant au Mandataire au titre de la mesure, mais ces actes doivent supposer, pour le Mandataire, la réalisation de diligences plus importantes que la charge classique de la mesure de protection. Pour être versée, l'indemnité exceptionnelle doit être accordée par le Juge des Tutelles ou le conseil de famille s'il a été constitué. L'avis du Procureur de la république est indispensable comme l'a rappelé la Cour de cassation, dans son arrêt du 01/04/2015. dont un commentaire est disponible sur le site de la FNMJI. Une requête type intitulée "Demande de taxe pour acte exceptionnel" est disponible sur le site de la FNMJI.

Ce dispositif exceptionnel a été confirmé à plusieurs reprises par le Conseil d'Etat comme en atteste notamment l'arrêt de la Haute Juridiction en date du 25/01/2012.



Nous vous invitons à consulter l'
arrêt de la Cour d'appel de Caen en date du 26/02/2015 :


La Cour estime qu'il résulte des textes que le MJPM ne peut prétendre à cette indemnité:

- qu'à titre exceptionnel

- que si le MJPM démontre qu'il a été contraint d'accomplir des diligences longues et complexes

- que la rémunuération de base s'avère manifestement insuffisante

La seule participation à la vente d'un bien immbilier ne peut suffire à justifier l'octroi de cette indemnité.

La Cour estime qu'en l'espèce, la vente du bien de la majeure ne présentait aucune complexité particulière et que le détail des actes accomplis et des heures passées sont un "temps de préparation banal".

Ce qui en l'espèce, toujours selon la Cour, crée la singularité de l'opération est le fait que le MJPM a dû se déplacer, hors de son secteur géographique, pour accomplir ces actes.

Seule la partie horaire correspondant au temps de transport peut être pris en compte comme ayant donné aux diligences effectuées une longueur exceptionnelle.



 

Remarque de la FNMJI

L'attribution de l'indemnité complémentaire prévue à l'article D.471-6 du Décret n°2010-1404 du 12 Novembre 2010 dépend de l'arbitrage du juge et de la justification du MJPM sur le caractère exceptionnel de la charge de travail et de l'insuffisance des sommes perçues.

L'application de ce décret laisse place à de nombreuses incertitudes pour le MPJM quant à la qualification du caractère exceptionnel de sa charge de travail.

Le bureau de la FNMJI estime que doivent être pris en compte, pour l'acceptation ou le refus de l'attribution de cette indemnité, le temps passé pour cette démarche exceptionnelle qui n'entre évidemment pas dans le cadre de l'exercice "normal" de la mesure de protection et les possibilités financières du protégé.

 

Il est, par conséquent légitime, de se poser la question de la définition des diligences exceptionnelles. Le Décret en donne quelques exemples :règlement d'une succession, suivi de procédures judiciaires et administratives,vente d'un bien, gestion de conflits familiaux.

 


 

Précisions : L'indemnité peut être réclamée par le MJPM et ce même après le décès du Majeur protégé.

Dans ce cas de figure, elle ne sera pas demandée au titre de l'article 419 du Code civil au moyen d'une requête présentée au Juge des Tutelles mais sera adressée par le MJPM au notaire en charge de régler la succession du majeur décédé. "Le mandataire a toujours la faculté de solliciter la prise en charge des frais qu'il a engagés au titre des actes requis par la mesure de protection impliquant des diligences particulièrement longues ou exceptionnelles qui n'auraient pas été prises en compte au titre du financement des mesures de protection prévu à l'article 419, alinéa 2, la dette devenant à son égard une dette de succession", pour Mme la Garde des sceaux interrogée sur la question par M. LEROY, député UDI Loir et Cher. 

 

 

3-   La rémunération des MJPM en cas de présomption d’absence du Majeur protégé

Une de nos consœurs s’est vue confiée une mesure de protection pour un majeur disparu depuis 1975. Le jugement précise que la MJPM est désignée en qualité de Mandataire spéciale pour représenter le Majeur protégé dans l’exercice de ses droits.

En matière de rémunération, le jugement énonce que « le mandataire sera rémunéré dans les conditions d’une tutelle aux biens ».

Eu égard à la présomption d’absence du Majeur protégé, la protection de la personne est exclue du jugement et de la rémunération du MJPM.

Notre consœur et la DDCS ont validé les éléments suivants au titre de la rémunération :

  • Pas de période d'ouverture
  • Pas de revenus
  • Tutelle aux biens en établissement
  • Lors de la régularisation, un point sera fait sur d’éventuels capitaux perçus par le Majeur protégé.

 


II. La question de la rémunération du mandat ad hoc

 

Deux arrêts de la Cour d'appel de Toulouse se réfèrent au Décret n° 2010-1404 du 12 novembre 2010 fixant le barème national de l'indemnité complémentaire allouée à titre exceptionnel aux mandataires judiciaires à la protection des majeurs en ce qui concerne la rémunération du mandat ad hoc.

La FNMJI vous invite donc à mettre en application ce décret pour vous faire rémunérer au titre de vos missions ad hoc.

Vous devez bien sûr au préalable informer la famille du Majeur de vos modalités de rémunération en la matière.

 

Vous trouverez ci-après les arrêts en question et une rapide analyse pour en synthétiser l'essentiel:

 

Arrêt de la Cour d'appel de Toulouse du 3 juillet 2013

Voir analyse de Maryline Bruggeman, Universitaire.

Dans cet arrêt, la question fondamentale était de savoir sur quel fondement le mandataire ad hoc nommé pour pallier un conflit d'intérêt entre le mandataire spécial et le majeur protégé, héritiers dans une même succession, pouvait être rémunéré, au regard de ses nombreuses diligences effectuées dans le cadre de sa mission.

La Cour d'appel, constatant qu'aucun texte ne fixe la rémunération des administrateurs, tuteurs et curateurs ad hoc, se fonde alors sur les dispositions du Code de l'action sociale et des Familles, l'article L 471-5 et D 471-6 (en combinaison de l'article 419 al 2 du code civil) qui permet à titre exceptionnel l'octroi d'une indemnité complémentaire (Cf. supra et Décret n° 2010-1404 du 12 novembre 2010 fixant le barème national de l'indemnité complémentaire allouée à titre exceptionnel aux mandataires judiciaires à la protection des majeurs).

« [...] Le mandataire ad hoc ne pouvait utilement demander aux financeurs concernés la fixation d'une rémunération réservée aux seuls cas de mandat spécial, curatelle, tutelle [...].

La seule rémunération sur laquelle l'autorité judiciaire a un pouvoir d'appréciation est l'indemnité complémentaire susvisée.

Dès lors, le travail effectué par les mandataires et tuteurs ou curateurs ad hoc, ne peut être rémunéré que par application de l'article D 471-6 ».

 

Arrêt de la Cour d'appel de Toulouse du 25 juin 2014

En l'espèce, le juge des tutelles avait accepté par ordonnance, l'indemnisation que réclamait un MJPM au titre de son mandat ad hoc. Le tuteur a interjeté appel de l'ordonnance.

La Cour d'appel, quant à elle, constate que le mandataire ad hoc avait fixé un taux horaire de 65 euros et qu'en appliquant ce taux horaire, il demandait « une indemnisation environ moitié moindre que celle que la loi lui permettrait de revendiquer ».

« La rémunération du travail effectué par le mandataire tuteur ou curateur ad hoc ressort des dispositions de l'article D 471-6 du code de l'action sociale et des familles ».

 

Pour aller plus loin sur le site de la FNMJI : 

La FNMJI met à votre disposition un modèle de requête de taxe pour mandat ad hoc accessible en cliquant ici.